Burn out ... et après ?

Rédigé le 21/03/2022


L’épuisement professionnel ou burn out impacte profondément tant l’identité professionnelle que personnelle et laisse irrémédiablement des traces dans la carrière d’un salarié. Mais le retour au travail est possible, et bien accompagné, il peut parfois profiter tant au salarié qu’à l’entreprise.

Des salariés en double contrainte

La situation du retour suite à un burn-out est toujours particulière car le rapport au travail s’est modifié. Elle va nécessiter du temps et passer par différentes phases.

L’identité professionnelle a été fragilisée et même si les conditions du retour ont pu être discutées, notamment avec le médecin du travail, le salarié et l’entreprise ont évolué durant cette absence, ainsi que le regard qu’ils portent l’un sur l’autre.

Le salarié fait face à une double contrainte. Il doit à la fois préserver sa santé en limitant le stress et dans le même temps, satisfaire les demandes, par crainte de perdre son emploi ou de ne plus être accepté suite à son arrêt maladie.

Cette injonction paradoxale de faire (pour tenir le job) et de ne pas faire (pour préserver sa santé) peut compromettre la bonne reprise.

Le salarié peut également reprendre le travail avec la crainte qu’un nouvel événement vienne rompre l’équilibre qu’il s’efforce de reconstruire : changement de manager, réorganisation au sein de son service ou de l’entreprise, etc.

Des rôles à jouer pour les différents acteurs

La période de transition entre l’espace privé et le retour dans l’espace professionnel est délicate et il est préconisé de l’accompagner par des points d’étapes réguliers (avec les différents acteurs de l’entreprise, médecin du travail mais aussi manager, service RH, etc.) pour écouter et soutenir le salarié, vérifier comment se passe le retour, repérer les attentes, poser des limites.

Les enjeux de ce retour sont tels que le terme de « réonboarding » est apparu, faisant référence à un nouveau parcours d’intégration que certaines entreprises mettent en place pour des salariés après un arrêt long afin qu’ils se sentent à nouveau bien dans leur environnement de travail.

Cette intégration doit également associer le collectif de travail, en réfléchissant avec les collègues du salarié de quelle manière bien l’accueillir, tout en étant à l’écoute de leurs propres ressentis et préoccupations.

Mais outre cette démarche d’accompagnement, il est primordial pour l’entreprise de réfléchir aux causes structurelles de l’organisation qui ont pu favoriser le burn-out, afin d’éviter qu’il n’impacte d’autres personnels… et pour progresser ainsi sur le plan de la prévention collective des risques psychosociaux.

Du côté du salarié, ces actions vont jouer un rôle essentiel pour favoriser sa réintégration et son sentiment d’appartenance à l’entreprise. Mais transformé par cette expérience, sa vision du travail et du collectif se sera néanmoins modifiée. Si la confiance est pleinement retrouvée, il aura ainsi souvent à cœur de sensibiliser les collègues (en témoignant de ce qu’il a vécu), mais aussi de capter les signaux faibles de situations de mal-être individuel ou collectif.
Que ce rôle soit reconnu ou non par l’entreprise, les salariés ayant traversé un épuisement professionnel, éprouvés mais aussi grandis par cette expérience, retrouveront notamment du sens en contribuant à leur échelle à la prévention et au développement d’un climat et de conditions de travail plus sereins pour tous.

(Source Editions TISSOT)