Prix à la consommation + 2,6%sur un an…

Rédigé le 24/11/2021


L’INSEE vient d’annoncer dans un communiqué qu’en octobre 2021, les prix à la consommation ont augmenté de 0,4 % sur un mois et de 2,6 % sur un an. Cette hausse générale vient en particulier des prix de l’énergie qui ont augmenté de 20,2% en un an, tirés par la progression des prix du gaz (+50%) et des produits pétroliers (+27%).

Le prix du gaz augmente par un double effet :

  • L’offre a baissé, car les stocks de gaz sont trop bas, une partie de la production ayant été stoppée pendant l’épidémie ; 
  • La demande de gaz a quant à elle fortement augmenté, suite à la reprise économique qui a entraîné une hausse de la consommation de gaz au niveau mondial, notamment en Asie.

La France importe tout le gaz qu’elle consomme, elle subit donc de plein fouet cette hausse des prix due à un déficit d’offre par rapport à la demande.

De plus, cette hausse du prix du gaz est prise en compte dans le calcul du prix de l’électricité, qui, dès lors, augmente mécaniquement. En effet, la grande majorité de l’électricité vendue en France vient du nucléaire, mais le prix de l’électricité est en partie basé sur le prix du marché de gros européen, qui prend en compte le prix du gaz utilisé pour produire une partie de l’électricité vendue en Europe.

Le prix du pétrole a beaucoup progressé également, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ayant refusé d’augmenter sa production, ce qui aurait joué à la baisse sur son prix.

Dans l’industrie agroalimentaire, le prix d’un grand nombre de matières premières et de produits monte en flèche à cause de cette hausse du prix de l’énergie qui augmente les coûts de production et de transports. S’y ajoute l’effet des sécheresses et des incendies qui ont également joué à la hausse sur les prix des denrées alimentaires.

De nombreux produits industriels voient également leurs prix augmenter, en lien avec les pénuries qui touchent de nombreuses matières premières et composants, car les industriels n’ont pas suffisamment anticipé la forte reprise économique de cette année.

Face à cette situation d’inflation, il est indispensable que les représentants du personnel exigent de l’employeur, a minima, une hausse de salaires indexée sur cette évolution des prix, pour que le pouvoir d’achat des salariés ne diminue pas. Contrairement à des pays comme la Belgique et le Luxembourg, cette indexation n’est pas obligatoire en France (ce que l’on appelle l’échelle mobile des salaires a été supprimée en 1982 après avoir été appliquée pendant trente ans).  De nombreux groupes ont gelé les salaires ces deux dernières années, tout en versant des dividendes importants à leurs actionnaires. En période d’inflation, ce comportement est d’autant plus inacceptable.

(Source JDS)