La reprise est déjà en cours pour le transport aérien!

Rédigé le 23/06/2021


Avec la levée partielle des restrictions et l'accélération de la vaccination, les compagnies aériennes relèvent la tête. Elles misent sur le pass sanitaire pour un retour 'à la normale', qu'elles attendent dès l'an prochain pour le tourisme. Plusieurs d'entre elles ont témoigné à l'occasion de deux tables rondes du Paris Air Forum, organisé par La Tribune ce 21 juin.

Après avoir vu leur activité s'effondrer avec les restrictions dues à la pandémie de Covid-19, les dirigeants des compagnies aériennes sont soulagés de la levée, même partielle, des restrictions de voyage, en particulier en Europe, et l'accélération de la vaccination un peu partout dans les pays développés. Même si elles n'ont pas encore atteint les niveaux pré-Covid, les réservations repartent.

 

« Nous devrions être à 65% de nos capacités cet été », a ainsi déclaré Ben Smith, le directeur général d'Air France KLM, au Paris Air Forum, organisé par La Tribune, tandis que Jozsef Varadi, son homologue de la compagnie européenne à bas coût Wizz Air, espère même passer à 100% en août. Même son de cloche du côté de Qatar Airways et de Lufthansa.

 

Fluidifier les flux

Reste qu'avec le retour des passagers, se profilent de nouveaux défis. D'abord, pour faire en sorte que les voyages aient lieu dans les meilleures conditions, « le pass sanitaire, digital, facile à mettre en place et généralement accepté, est clé à l'échelle de l'Europe », précise Ben Smith. De quoi rassurer les passagers et fluidifier les flux. Car les aéroports risquent sans cela de connaître des situations chaotiques. Avec la difficulté, entre files d'attentes au départ comme à l'arrivée, de conserver une distance de sécurité entre passagers.

 

Ensuite, se pose la question de la stratégie prix des compagnies aériennes. Doivent-elles, ne serait-ce que pour renflouer leurs caisses, augmenter leur prix ou au contraire, tenter de conquérir des parts de marchés en les baissant ? Air France a en tout cas l'intention d'accélérer la croissance de Transavia (sa compagnie low cost), selon Ben Smith, sans pour autant abandonner son modèle et la valeur fournie aux clients.

« Nous avions des liquidités au début de la crise, et nous comptons bien poursuivre dans la 'commoditisation' des vols court courrier en Europe, a martelé Jozsef Varadi, de Wizz Air. Je pense même que les cinq prochaines années seront notre âge d'or ».

 

Attention toutefois. Entre la volonté des gouvernements de lutter contre le réchauffement climatique en stimulant les trajets en train sur des distances moyennes et le rejet de plus en plus grand d'une part de l'opinion publique pour des prix de quelques euros pour un billet d'avion, « certaines compagnies doivent revenir à la réalité, estime Akbar Al Baker, le PDG de Qatar Airways. D'autant qu'avec le problème de capacité qui se profile, en raison de la faillite des diverses compagnies, notamment low cost, les prix, face à la demande, devraient augmenter ». Qatar Airways l'a d'ailleurs déjà fait.

 

Capacité d'adaptation

Au-delà d'un mouvement de consolidation qui pourrait se faire jour, même si, en Europe, des restrictions existent en matière de rapprochements, « tout dépendra, de manière générale, de la façon dont les compagnies vont s'adapter », précise de son côté Carsten Spohr, PDG de Lufthansa. Le groupe allemand mise en effet sur l'agilité, et fait évoluer son offre beaucoup plus régulièrement qu'auparavant. En particulier pour la classe affaires. Car les habitudes, avec la pandémie, ont évolué. D'ailleurs, s'ils sont optimistes pour un retour à la normale dans quelques mois en ce qui concerne les vols touristiques, les patrons des compagnies aériennes sont plus réservés sur les voyages d'affaires, qui prendront sans doute encore deux ou trois ans pour se rétablir. Toujours est-il que cette année de transition s'annonce cruciale pour les compagnies aériennes. A l'avenir, elles auront en effet besoin d'investir massivement, avec les industriels du secteur, si elles veulent tenir leur engagement d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050.

(source la tribune)