Prévention des RPS: Lignes d’écoute, formation en gestion du stress...

Rédigé le 20/05/2021


Si les entreprises ont intégré l’importance des risques psychosociaux, les politiques de prévention en la matière sont souvent bien moins efficaces que celles mises en œuvre pour les risques physiques. Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers des solutions externes proposées clé en main qui tiennent parfois plus de la mesure de communication que d’une réelle protection de la santé des salariés.

Il en va ainsi des lignes d’écoute et de soutien psychologique qui se sont fortement développées ces dernières années dans les entreprises. Très simples à mettre en place puisqu’il s’agit de choisir une offre parmi celles proposées par la multitude d’acteurs du marché, leur succès auprès des employeurs contraste avec leur efficacité auprès des salariés : peu d’entre eux y ont recours, y compris dans les entreprises où le niveau de souffrance au travail est important. Ce désintérêt s’explique par les difficultés à évoquer ses problèmes au téléphone avec une personne inconnue ou encore par les craintes quant à la confidentialité des informations données. Elles sont surtout identifiées, à juste titre, comme une solution d’ultime secours puisqu’elles ne permettent que de soulager les symptômes de la souffrance sans agir sur ses sources.

Pour « combattre les risques à la source » conformément au Code du travail (art. L. 4121-2 CT), les politiques de prévention des RPS doivent s’appuyer en priorité sur des mesures de prévention dite primaire qui vont supprimer ou réduire l’exposition des salariés aux facteurs de risques en considérant les sources organisationnelles des RPS et en les traitant par des actions collectives :   enrichir les tâches, réorganiser l’activité, mobiliser les collectifs, faire évoluer le management, améliorer les conditions de travail...  Les mesures de prévention dite secondaire qui visent à adapter les individus et à les armer pour faire face aux risques auxquels ils sont exposés, telles que les formations de gestion du stress, ne doivent intervenir qu’après épuisement des dispositifs de prévention primaire. Enfin, les mesures de prévention dite tertiaire qui ne sont en réalité que des mesures de réparation des atteintes à la santé des salariés, telles que les lignes d’écoute téléphoniques ne doivent elles intervenir qu’en dernier recours.

(source jds)