Le transport routier veut séduire!

Rédigé le 09/03/2021


« Essentiels », « héros de la deuxième ligne » … Les transporteurs et leurs salariés ont bénéficié, à l’occasion des deux confinements, d’un coup de projecteur inédit. Le grand public, mais aussi l’État, ont reconnu l’importance du transport et de la logistique dans la vie du pays. Entreprises et organisations ont surfé sur cette belle vague. Aujourd’hui, cette mise en lumière doit venir appuyer la mobilisation générale qui a lieu, depuis deux ou trois ans, pour changer l’image de la profession. Les difficultés de recrutement ayant atteint, avant la pandémie, un niveau critique, PME, grands groupes, organismes de branche, fédérations professionnelles, groupements, entrepreneurs associés dans Le monde du transport réuni. Tout le monde cherche à fidéliser les salariés et à en attirer de nouveaux de manière durable. Il en va de la pérennité des entreprises du secteur.

Aux routiers : vous êtes indispensables à la chaîne logistique, et donc à la France ». Tweetée en plein second confinement, cette déclaration d’amour inédite de la part d’un ministre chargé des Transports, en l’occurrence Jean-Baptiste Djebbari, illustre bien à quel point la crise sanitaire a mis en avant la profession. Une reconnaissance officielle largement relayée sur les réseaux sociaux autour de hashtags tels que « On roule pour vous ».

Or cette mise en lumière intervient alors que tous les organismes de la branche sont engagés dans une mobilisation d’une ampleur inédite pour changer l’image du transport routier. « C’est une de nos missions régaliennes, mais la crise du Covid nous a conduits à développer de nouveaux outils », explique Valérie Dequen, déléguée générale. En 2020, grâce au maintien d’actions en présentiel mais aussi à des webinaires, l’organisme a pu sensibiliser près de 18 500 personnes grâce à 879 événements. Un mix entre présentiel et virtuel poursuivi en 2021. Depuis septembre, l’AFT a aussi généralisé la démarche Ambassadeurs du transport née en 2019 dans les Hauts–de-France. Les entreprises qui signent sa charte s’engagent à conduire au moins une action de promotion des métiers. De 22 entreprises « chartées » à la fin 2020, le nombre de devrait passer à 60 en 2021. Et d’autres organismes se sont aussi engagés dans ce mouvement. « Depuis trois ou quatre ans, explique ainsi Guillaume Guillon, directeur délégué général de Promotrans, nous élargissons le sourcing pour les entreprises. Au départ, j’étais un peu contre, car on ne peut pas facturer cette prestation, mais le simple fait de nommer des personnes dédiées a fluidifié et optimisé la composition des groupes. » Des animateurs de réseaux sociaux surfent sur Facebook, Instagram et LinkedIn pour accrocher de nouveaux candidats, puis les inviter à des portes ouvertes virtuelles. « Nous faisons témoigner les entreprises du territoire, explique Pierre de Surône, directeur exécutif, parce que le double affichage – organisme de formation et recruteur – permet vraiment d’attirer. »

Faire partie d’Une communauté

Cela ne faisait pas non plus partie des objectifs d’un groupement comme Astre. « Mais les difficultés de recrutement touchant de plein fouet tous nos adhérents, explique Audrey David, directrice de la communication, nous nous sommes mis, surtout depuis la crise sanitaire, à relayer et diffuser les messages valorisant le secteur ». Le groupement Flo également, qui soutient ses adhérents organisant des portes ouvertes en leur prêtant un simulateur de conduite. « Mais le principe même du groupement est un facteur d’attractivité, commente Sébastien Duval, dirigeant de la société éponyme et administrateur responsable de la Flo Academy. Celui-ci donne à nos salariés le sentiment d’appartenir à une communauté. » Un plus pour la marque employeur de chaque adhérent, estime-t-il.

Même les fédérations patronales du secteur, dont ce n’est pas non plus la vocation originelle, reconnaissent que cela fait partie de la défense des intérêts de la profession. Dès 2018, des délégations régionales de la FNTR – comme celle d’Auvergne-Rhône-Alpes – ont incité des adhérents à ouvrir leurs portes, pendant une semaine, à des demandeurs d’emploi. À l’automne 2020, la fédération nationale a généralisé l’opération, en élargissant l’invitation aux parlementaires. TLF, de son côté, s’est doté depuis deux ans d’un service communication qui œuvre à diffuser l’image d’une filière qui recrute. « Développer cette attractivité est l’une de nos priorités depuis 2019 », assure Blandine Guyon, chargée de ce service.

La prévention santé, un levier

Même Klesia, dont la raison d’être est la protection santé, a ajouté à sa saga Pleins Phares, diffusée depuis octobre sur Facebook, un volet de promotion des métiers, en l’occurrence ceux de Stéphane, conducteur, Myriam, gestionnaire de parc, et Christophe, technicien réseaux chez TBH (Rhône). « Cela rend la vidéo plus attractive », assure Benjamin Laurent, directeur de l’offre. Mais si la promotion de la branche sert ainsi celle de la santé, l’inverse est vrai aussi. « Les actions sur le sommeil, la nutrition, la prévention cardio–vasculaire et les douleurs chroniques sont un facteur de fidélisation et d’attractivité pour la branche », assure Benjamin Laurent. Preuve en est le taux d’inscription aux coachings par des infirmières et nutritionnistes : plus de 50 %, un niveau rarement atteint dans d’autres secteurs.

(source l'officiel des transporteurs)