Routier, aérien, maritime, ferroviaire… L’Union européenne va imposer de verdir les transports.

Rédigé le 19/12/2020


30 millions de véhicules à émissions zéro en circulation sur les routes européennes d’ici dix ans, la "quasi-totalité" des voitures, camionnettes, bus et poids lourds neutres en émissions en 2050… La Commission européenne a présenté, le 9 décembre, ses ambitieux objectifs en matière de mobilité et entend composer avec l’industrie pour tenir les délais.

La Commission européenne a dévoilé le 9 décembre sa nouvelle stratégie pour "une mobilité durable et intelligente". Son message est clair : si elle ne s’emploie pas rapidement à verdir ses transports, l’Union européenne peut faire une croix sur la neutralité carbone en 2050 et ses adieux au Green Deal.

À l'exclusion du transport maritime international, le transport représente en effet un quart de l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre de l'UE. Le transport routier à lui seul compte pour environ 20 % de ce total. Nombre de mesures envisagées par la Commission viseront donc à stimuler la production et l’adoption de navires, d’avions, de train, et surtout de véhicules routiers, à émissions nulles.

Pour les transports maritimes et aériens, la tâche s’annonce d’autant plus ardue qu’ils ne disposent pas aujourd’hui de technologies zéro émission prêtes à être commercialisées. La Commission européenne prône donc, pour ces deux secteurs, un accès prioritaire aux carburants durables. Elle présentera des propositions à ce sujet en 2021 et se fixe pour objectif une mise sur le marché des navires à zéro émission d'ici 2030 et des avions gros porteurs à zéro émission pour 2035. 

Le transport ferroviaire sera, quant à lui, davantage électrifié. "Là où ce n'est pas viable, l'utilisation de l'hydrogène devrait être accrue", précise la stratégie.

L’industrie automobile dans le viseur

Concernant le transport routier, la Commission note que des solutions zéro émission sont déjà en cours de déploiement mais "représentent encore une trop petite partie du parc automobile". Pour assurer la production de véhicules toujours plus propres, la Commission rappelle qu’elle proposera une révision des normes de performance des véhicules en matière d’émissions de CO2, d’ici juin 2021, et évoque la mise en place de normes similaires pour les bus en 2022.

En 2022 également, elle envisage une révision des règles relatives aux poids et aux dimensions des poids lourds. Sans plus de précision, elle annonce par ailleurs que des mesures visant à améliorer le contrôle des émissions lors des contrôles techniques devraient être prises en 2023.

Réagissant à ces différentes mesures, l'association européenne des fournisseurs automobiles (CLEPA) a insisté sur la nécessité d’adopter plutôt une approche du "puits à la roue" que du "réservoir à la roue". En d’autres termes, elle plaide pour que l’empreinte des véhicules ne soit pas seulement calculée en fonction de ce qu’ils émettent lorsqu’ils sont en circulation, mais bien en tenant compte aussi des dépenses énergétiques nécessaires à la production des carburants qui les alimentent.

Enfin, une série de mesures - consistant essentiellement en une révision de taxes et de tarifs - devrait être adoptée afin d’augmenter la demande pour ces véhicules propres et en vue de favoriser leur adoption dans les parcs d'entreprises et les parcs urbains.

Autant d’annonces trop "diverses et larges" aux yeux de la présidente de la Commission des transports du Parlement européen, l’écologiste française Karima Delli, qui a exprimé des doutes quant à "la réelle possibilité de mettre en œuvre les objectifs évoqués".

La commissaire aux Transports, Adina Valean, s’est, pour sa part, voulue rassurante et optimiste. Elle a tout de même reconnu, devant la presse, que l’application de cette stratégie représenterait un "défi".

(source l'usine nouvelle)