La menace d’opérations coups de poing.

Rédigé le 06/11/2020


FERMETURE DES RELAIS ROUTIERS

Les organisations syndicales – CFDT, FO, CFTC, CGT – s’affichent unies pour défendre les salariés « de la deuxième ligne » afin qu’ils ne rencontrent pas les mêmes difficultés qu’au premier confinement. Elles demandent une audience au gouvernement et brandissent la menace de « conséquences effectives » si elles ne sont pas entendues.

Pour elles, « l’État n’a pas su tirer les leçons du passé ». En cause, l’annonce de la fermeture des relais routiers qui permettent aux conducteurs de se restaurer, d’avoir un accès aux sanitaires ou encore de stationner pendant les heures de repos. « Il est hors de question que les conducteurs revivent ce qu’ils ont vécu au premier confinement, soutient Patrice Clos, secrétaire général de FO Transports, appuyé par Fabrice Michaud, secrétaire général de la CGT. Ce n’est pas une grogne sur un aspect salarial, ça concerne la dignité humaine. » Dans un courrier adressé au ministre délégué aux Transports, Jean–Baptiste Djebbari, les syndicats plaident pour que ces structures soient considérées comme indispensables à la poursuite des activités du transport et bénéficient, à ce titre, de dérogations qui leur permettent d’assurer aux conducteurs « des conditions de travail minimums et décentes ». « Une fois encore, les conditions de travail des conducteurs routiers qui, rappelons-le, permettent la continuité de toute l’économie du pays, vont être impactées », déplorent-elles dans un communiqué. « Le midi, un plateau-repas peut suffire, mais il faudrait au moins que les restaurants routiers soient ouverts les matins et soirs. Avec les températures qui ont bien baissé, ce n’est pas normal qu’ils restent dehors », souligne Patrick Blaise, secrétaire général de la CFDT Transports.

Des « conséquences effectives »

À l’heure où nous bouclons ces lignes, les syndicats doivent s’entretenir en visioconférence avec le ministère. « Nous n’avons jusque-là jamais été reçus par le ministre des Transports délégué, sinon par audioconférence, notamment au printemps. On ne nous a jamais accordé une grande importance », relève Thierry Douine, président de la CFTC Transports. S’ils ne sont pas entendus et que les salariés endurent les mêmes difficultés qu’au printemps, les OS n’excluent pas des opérations la semaine prochaine mais en restant prudents sur la forme. « Certains conducteurs étaient prêts à lancer des opérations coups de poing, indique Thierry Douine. Si la voie diplomatique ne fonctionne pas, nous montrerons les dents au moment voulu. Les pouvoirs publics seront responsables. » Les syndicats indiquent néanmoins qu’ils ne peuvent pas appeler à de grandes grèves, « parce qu’il faut ravitailler la France », mais ils soutiendront les salariés de la CCNTR (convention collective nationale des transports et activités auxiliaires) qui souhaitent « se mobiliser pour le respect de leur dignité ». Autre demande formulée par la CFDT, la prise en charge à 100 % de l’activité partielle par l’État dans les secteurs du transport et de la logistique. « Beaucoup d’entreprises ont déjà eu du mal à passer le premier confinement. Et ce deuxième risque fortement de durer plus d’un mois… », indique le syndicat.

(source officiel des transporteurs)