En colère contre la fermeture des Restaurants-relais, les routiers mettent en garde le gouvernement

Rédigé le 01/11/2020


Quatre organisations syndicales des transports réclament la réouverture des relais routiers. Elles demandent à être reçues par l'exécutif au plus vite.

Les «héros» du transport routier seront-ils entendus par le gouvernement ? Dans un courrier daté de lundi et adressé au ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, les organisations syndicales représentatives des routiers - la CGT Transports, la CFTC Transports, FO Transports et la CFDT Route - demandent à être reçues par le gouvernement. Objectif : aborder «les différentes difficultés rencontrées par les métiers des transports» dans le cadre du reconfinement.

Les organisations s'indignent de la fermeture des Restaurants-relais, une mesure qui s'apparente à «une atteinte à la dignité des acteurs d'une profession légitimement qualifiée d'essentielle au maintien de l'économie de notre pays». Ces lieux «assuraient la restauration, le stationnement pendant les périodes de repos, des sanitaires décents et une vie sociale» pour les conducteurs. Les syndicats souhaitent que ces activités rouvrent au plus vite. Ils promettent d'être «intransigeants» sur cette demande et se tiennent prêts à se mobiliser si besoin pour faire pression sur l'exécutif. Sans réponse rapide du gouvernement, les organisations menacent de «prendre [leurs] responsabilités, avec toutes les conséquences que cela peut engendrer», menacent-ils. «On a laissé les stations-service ouvertes, mais pas les relais routiers, où les gars peuvent manger, se laver, se reposer, en particulier sur les nationales où les stations sont plus rares. Nous demandons leur réouverture, pour que la deuxième ligne que nous représentons puisse vivre et travailler normalement», explique le président de la Fédération Générale des Transports CFTC, Thierry Douine. «À l’époque du premier confinement, ces relais restaient ouverts mais on ne pouvait pas manger dedans. Il faisait assez beau donc on pouvait rester dehors ou dans son camion. Là, l'hiver arrive, les mecs ne vont pas manger un mois et demi voire deux mois dans leur camion ou dehors, dans le froid», s'indigne le représentant. «On n'a jamais vu de cluster chez les routiers, il n'y a donc aucune raison que les relais restent fermés. Il faut qu'ils rouvrent avec les gestes barrières et en filtrant à l'entrée pour ne laisser entrer que les routiers ayant une carte professionnelle», ajoute-t-il.

Le professionnel estime d'ailleurs que le gouvernement a répété la même erreur que lors du premier confinement, en laissant de côté le transport routier. «Ils n'ont pas pris la mesure du passé, cela donne l'impression qu'ils naviguent un peu à vue, qu'ils improvisent», commente Thierry Douine. Sur le terrain, la colère des routiers est réelle : «jeudi et vendredi, on avait des conducteurs qui commençaient à vouloir bouger, qui considéraient qu'ils n'étaient pas respectés. On leur a dit : halte au feu ! On essaie la voie diplomatique d'abord», raconte le syndicaliste. Son organisation espère maintenant que l'appel au dialogue sera entendu.

(source Le Figaro Wladimir Garcin Berson)