La branche des transports signe une charte pour résorber les difficultés de recrutement.

Rédigé le 15/03/2022


La FGT CFTC, Les organisations syndicales et patronales de la branche professionnelle « transports routiers de marchandises et activités auxiliaires », à l’exception de la CGT, viennent de signer le 11 mars 2022 avec l’Etat une « charte de développement de l’emploi et des compétences ».

Transports routiers de marchandises, de voyageurs, sanitaires et du déménagement : neuf organisations professionnelles et quatre organisations syndicales ont signé le 7 mars à Gennevilliers avec les ministères du Travail, de l’Education nationale et de la Transition écologique une charte de huit pages résumant leurs engagements réciproques pour « réduire les tensions de recrutement en agissant simultanément sur l’orientation des jeunes et adultes, la promotion des métiers des transports, l’attractivité de ces métiers, la qualité de vie au travail et les conditions d’emploi. » Des tensions de recrutement qui pré-existaient à la crise sanitaire mais se sont accrus depuis. « Nos besoins augmentent un peu tous les ans car le transport collectif se développe mais surtout que la pyramide des âges est défavorable avec un âge moyen des conducteurs de 50 ans », explique Ingrid Mareschal, déléguée générale de la fédération nationale des transports de voyageurs (FNTV).

Un foisonnement d’idées

Mais la prise de conscience des actions à mettre en place ne date pas de cette année.  « Cette charte est le résultat d’un travail de longue haleine commencé en 2014, raconte Maxime Dumont, vice-président de la fédération générale des transports-CFTC. En parallèle d’un Edec [1] avec un plan d’action 2018-2022, on a décidé de travailler sur l’attractivité des métiers en lien avec Philippe Dole qui a fait très bon rapport sur les besoins en compétences, les freins, les perspectives pour l’ensemble des métiers du transport routier qui est venu alimenter et enrichir cet Edec de façon importante. Les deux ont abouti à cette charte. »

Une charte qui contient « pas mal d’idées pour améliorer les choses », souligne le ministère du Travail : recruter des conducteurs qui puissent travailler à la fois sur le scolaire et l’urbain comme c’est expérimenté dans le Grand Est avec des groupements d’employeurs, permettre des passerelles entre le déménagement et le transport scolaire en décalage de phase via des CDI multi-employeurs, abaisser l’âge des permis C et D (poids lourd et transport de voyageurs) à 18 ans pour pouvoir recruter plus de jeunes, notamment par l’apprentissage dans le cadre de la rénovation des CAP… « Il y a énormément de moyens pour la formation avec le plan métiers en tension et il faut que les branches s’en emparent », insiste un conseiller.

Communiquer sur l’évolution des métiers

« Le problème n’est pas seulement de former et de financer les formations, répond Ingrid Mareschal, car nous avons beaucoup de mal à sourcer des candidats prêts à s’engager dans notre secteur et y rester, On doit donc faire connaître les avantages, se montrer attractif pour être compétitif ! » La charte prévoit des actions de communication pour valoriser les métiers, de l’information et sensibilisation à destination des professionnels de l’orientation, de l’emploi et de l’évolution professionnelle, l’optimisation de la relation avec Pôle Emploi, la diversification du sourcing… Objectif dans les 12 mois qui viennent : accueillir 10 000 personnes en reconversion et intégrer 20 000 jeunes en apprentissage.

Un calendrier de négociation ambitieux est aussi prévu en 2022-23 pour améliorer les conditions de travail, réduire les contraintes, revaloriser les rémunérations, mettre en place de l’intéressement, de la participation et de l’épargne salariale.

« Même si la charte ne va pas suffire à résoudre tous les problèmes d’attractivité de la branche, reconnaît Maxime Dumont, c’est un outil qui va obliger l’ensemble des partenaires sociaux à regarder des sujets qui ne sont pas forcément travaillés d’habitude comme la qualité de vie au travail, les conditions de vie, les horaires à adapter à une nouvelle population de jeunes et une féminisation des métiers. »

Engagement de développement de l’emploi et des compétences mis en place par l’Etat et les représentants de la filière « transports, logistique et services » pour anticiper les transformations de l’emploi, adapter l’offre de certification et de formation, sécuriser les parcours professionnels.